In memoriam

Ailleurs est entré par la porte

calmement

sûr de lui

venu d’un autre âge d’une autre galaxie

 

Ailleurs est entré par la porte

m’a mis son flingue sur la tempe

a gueulé maintenant c’est ton tour

de trembler

 

Ailleurs est entré par la porte

a déchiqueté ma paix

vomi ma liberté trucidé

mes pensées

 

Ailleurs est entré par la porte

Vois m’a-t-il dit

comme je vis dans la terreur à ton tour

de ne plus écrire peindre parler ou seulement

rêver sans craindre

le crachat le coup de couteau la mitraille

 

Ailleurs est entré par la porte

calmement

sûr de lui

a joui

sur le cadavre du passé

 

Où puis-je aller maintenant

moi qui ne suis ni d’ici ni d’ailleurs

moi qui suis toujours un peu

et ici et ailleurs ?

 

Quelle terre non imprégnée de sang

pour ceux qui errent dans le vent

ceux qui finalement ne croient

qu’à la trace d’un pas sur le sol

aux sentiments papillons

aux cris fleurs

à l’éphémère instant ?

 

Isabel V, Paris, janvier 2015

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